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Courir au féminin

Longtemps réservée à la seule gent masculine, la course à pied a su s’ouvrir aux femmes. Aujourd’hui elles sont de plus en plus nombreuses à courir et à s’inscrire à des courses. Courir quand on est une femme est-il différent d’une pratique masculine ? Avis de Runners s’est penché sur le sujet du running au féminin.

Courir au féminin

La course à pied se féminise après avoir été réservée aux hommes…

C’est en 1967, au marathon de Boston qu’une femme a pour la 1ère fois couru un marathon en dépit des tentatives de l’organisateur de l’en empêcher. Jusqu’en 1984 on interdisait aux femmes de courir des distances supérieures à 1500m, au prétexte que cela était mauvais pour elles…
Les femmes ont rencontré des difficultés pour pouvoir évoluer dans le monde de la course à pied mais elles ont prouvé qu’elles avaient autant les capacités que leurs homologues masculins pour se présenter sur la ligne de départ d’un 10km ou d’un marathon.

Selon une étude parue en 2014 et réalisée par KantarSport et Uniteam Sport, le running au féminin a connu en France une augmentation de 70% entre 2013 et 2014, en passant de 2 millions à 3,4 millions de runneuses Malgré ces chiffres encourageants, la pratique de la course à pied chez les femmes ne connaît pas encore le même essor qu’aux États Unis où on frôle les 60% de participation féminine !

Mais la participation des femmes sur le marathon reste timide

Alors que sur les marathons de New York ou de Chicago, les femmes sont nombreuses à courir à côté des hommes, elles représentent 43% des participants, ce n’est pas encore le cas au Marathon de Paris où les coureuses représentaient 25% des inscrits en 2016 (consulter les avis des membres sur cette course).

Mais leur nombre ne cesse de croître sur les épreuves et particulièrement sur les 10km ou semi-marathon. Sans compter que la diversité des courses 100% féminines, souvent avec une dimension caritative, encourage la pratique croissante des femmes.

La course à pied est-elle différente quand on est une femme ?

Loin de nous l’idée de lancer un débat et de « genrer » la course à pied. Cependant il faut garder en tête que malgré des problématiques identiques, les femmes ont des particularités à gérer que les hommes ne connaissent pas.

Déjà, elles sont celles qui portent les enfants et prennent par conséquent les kilos afférents. C’est pourquoi nombre de femmes commencent le running dans une optique de perte de poids et non par pur défi sportif.

De même les hommes ne sont pas concernés par les problèmes menstruels et les carences en fer qui peuvent en découler ou encore par les fuites urinaires… Saviez-vous que 28% des femmes sportives souffrent d’incontinence urinaire contre 9,8% chez les non-sportives ? Ce sujet extrêmement tabou détourne ainsi nombre de runneuses de leur pratique de la course à pied. Une étude italienne de 2008 réalisée sur 679 sportives de loisir a montré que plus de 10% de ces sportives ont abandonné leur pratique à cause des fuites urinaires de l’effort !

Si l’on continue de lister les différences entre un coureur et une coureuse, on ne peut passer à côté de la poitrine. C’est un point non négligeable car la poitrine peut être un handicap pour la coureuse si le soutien-gorge n’est pas adapté ! En effet, la course à pied a un impact sur la poitrine : un sein qui pèse 400 grammes au repos va pouvoir atteindre un poids de 1 kilogramme pendant l’effort. Et cet impact peut être néfaste, traumatismes et douleurs. Les chercheurs ont constaté que sans soutien-gorge adapté, les runneuses font subir à leur poitrine des accélérations deux fois supérieures à celles que ressentent les pilotes de Formule 1 au niveau de leur cou. Et des tests réalisés au centre hospitalier universitaire de Saint Etienne ont relevé un balancement du sein des coureuses de 15 centimètres dans le sens latéral et de 13 centimètres verticalement. Mais il convient de souligner que le port d’un soutien-gorge adapté au sport contient ces mouvements à 70%. On comprend mieux pourquoi un soutien-gorge adapté est plus que nécessaire pour éviter d’abîmer la poitrine et de ressentir des douleurs.

Course à pied et grossesse : est-ce compatible ?

Alors que pendant longtemps on a interdit aux femmes de continuer de courir pendant leur grossesse, les mœurs ont changé, au point qu’il est préconisé de continuer à faire du sport ! Il faut dire que les bénéfices de la course à pied chez la femme enceinte sont multiples : meilleur sommeil, diminution du stress, moins de prise de poids, diminution des risques de diabète gestationnel ou d’hypertension. Courir enceinte est donc possible mais à condition de suivre les conseils de son médecin, ses éventuelles contre-indications et d’adapter ses entrainements selon son état (fatigue, motivation, nausées, éviter les sorties longues…). A un moment la proéminence du ventre pourra être gênante, tout comme la modification du centre de gravité qui rendra la foulée plus hasardeuse. Ce sera alors certainement le moment de troquer ses chaussures de running contre un maillot de bain.

Qu’on soit coureuse ou coureur, le running sollicite les mêmes muscles et les entrainements ne sont pas différents. Cependant courir au féminin suppose la prise en compte de paramètres qui différencient le running au féminin du running au masculin. Mais malgré ces différences, les femmes s’adonnent de plus en plus à la course à pied et ce n’est pas pour nous déplaire !

 

Article publié le 17/05/2016

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