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La périostite tibiale

Vous voilà plus motivé que jamais et vous commencez à augmenter votre volume kilométrique quand une violente douleur au tibia vous assaille. Et si c’était la périostite tibiale? Avis de Runners vous explique tout sur cette pathologie.

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La périostite tibiale, une douleur localisée fréquente chez le coureur

La périostite tibiale est une douleur fréquente chez le coureur : 20% des runners en sont régulièrement touchés. Située au niveau du tibia, la périostite tibiale est une douleur localisée ressentie généralement sur plusieurs centimètres du bas du tibia, sur sa face interne, au niveau de la « crête tibiale » (cf. zone en marron sur le schéma n°2).
Le périoste (qui signifie « autour de l’os ») est une membrane qui recouvre l’os et sur laquelle s’attachent plusieurs muscles de la jambe : le muscle soléaire (ou « soleus ») muscle profond du mollet, le muscle tibial postérieur et les muscles long fléchisseur du gros orteil (hallux) et long fléchisseur des orteils.

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Les signes de la périostite tibiale 

Le premier des signes devant alerter est la douleur localisée sur le bord interne du tibia. Elle apparait lors de la pratique de la course à pied, nécessitant un arrêt, et s’atténue au repos. La douleur pouvant être parfois moins forte, voire même disparaître durant quelques semaines, le diagnostic peut parfois s’avérer difficile mais la localisation de la douleur sur une surface d’environ 5 cm sur la face interne du tibia est de nature à permettre de la diagnostiquer. À la palpation, la douleur est d’intensité variable et ne se diffuse pas sur le mollet. Invisible à la radio, la périostite tibiale peut en revanche être diagnostiquée à l’occasion d’une scintigraphie1 osseuse.

La périostite tibiale est à ne pas confondre avec la fracture de stress.


Les causes de la périostite tibiale

Afin d’éviter une récidive de la blessure, il convient de connaître les causes de son apparition. La périostite tibiale est directement liée aux conditions de la pratique de la course à pied : les chocs répétés de la course à pied stressent le tibia. Les causes d’apparition de la périostite tibiale peuvent être multiples :

  • le surentrainement ou une modification du rythme d'entraînement qui augmente sans avoir pris les précautions nécessaires en termes d’échauffement, de récupération et de progressivité,
  • des chaussures inadaptées ou usées,
  • une hyperpronation (retrouvez notre article sur les foulées),
  • une surface de course inadaptée : par exemple courir sur du bitume alors qu’on est plus habitué au trail ou courir sur route bombée ce qui entraîne que les deux pieds ne sont pas à la même hauteur,
  • un changement de foulée parfois involontaire mais qui apparaît pour compenser une autre douleur par exemple,
  • des erreurs diététiques, et surtout une mauvaise hydratation.


Les traitements de la périostite tibiale

Selon Dominique Poux*, spécialiste français de la traumatologie du sport, le traitement de périostite tibiale sous ses formes légères repose d’abord sur l’allègement de l’entraînement voire le repos jusqu’à la disparition totale des douleurs, (pendant 10 jours pour les périostites bénignes et jusqu’à 2 mois pour les cas les plus complexes). Il préconise également :

  • la mise en place d’un traitement anti-inflammatoire,
  • un glaçage local et un pansement compressif,
  • du renforcement musculaire,
  • l’entraînement sur des sols souples.

Lorsque la douleur au tibia a disparu, il est prudent de reprendre l’entraînement de manière progressive en évitant les accélérations brutales et les séances en côte. On veillera également à mettre en place un traitement dit préventif en analysant la technique de course et en vérifiant si ses chaussures sont adaptées à la foulée (consultez les avis sur les chaussures de running et trail). Dans certains cas, des semelles orthopédiques seront recommandées.


La périostite tibiale est une des blessures du coureur qui peut s’éviter si on respecte les différents conseils évoqués. Quand elle est prise en charge rapidement, la périostite tibiale se soigne facilement et ne nécessite pas forcément un arrêt prolongé. En cas d’apparition de la douleur, veillez à consulter un médecin du sport qui établira le diagnostic et vous préconisera les soins adaptés, voire les changements à adopter dans votre pratique de la course à pied.

 

*Technopathies du jogging – pages 108 à 111- Dr. Dominique Poux (Editions Novartis)

1Méthode d’imagerie médicale de médecine nucléaire qui produit une image fonctionnelle par l’administration d’un médicament radiopharmaceutique dont on détecte les rayonnements qu’il émet une fois qu’il a été capté par l’organe ou la cible à analyser.

 

Article publié le 29/02/2016

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